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26 juin 2015

Cette fois-ci c'est vraiment la fin. J'écrirai sans doute à nouveau, ailleurs.
Vous pouvez m'envoyer un mail en cliquant sur "contacter l'auteur".

M.

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20 juin 2015

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5 choses de Juin

*je me sens légère. C'est pas des conneries, cette image de fardeau, de pieds en plomb. Des paupières lourdes, du coeur lourd. Mes traces de pas doivent être un tantinet moins profondes maintenant qu'ont disparu ces milligrammes de poids de la vie qui faisaient la différence entre "je vais bien" et "je ne vais pas bien". Je ne peux pas dire que j'allais mal, même si je me le suis formulé quelques fois, quand mes doigts se crispaient sur le volant dans le crépuscule du matin, et que ma bouche se tordait, muette, pour laisser s'échapper un cri étouffé qui me brûlait la gorge. Non, je savais qu'il fallait attendre, qu'un jour, ça reviendrait, cette légèreté de l'être. Je me dis que d'autres portent un fardeau tellement plus lourd qu'ils ont le dos voûté plus tôt, le front ridé à force d'essayer de voir l'horizon jusqu'à baisser la tête de désespoir. Certains le portent toute la vie. Se sentir léger est un état extraordinaire, savoureux, j'aimerais rester comme cela éternellement...

*J'écris la fenêtre de la salle à manger ouverte, la brise du soir faisant son chemin vers la fenêtre ouverte de mon bureau, de l'autre côté sur le jardin. Il y a bien le bruit de quelques voitures, mais c'est le soir. Entre chaque voiture on entend le chuintement continu du jet d'eau un peu plus loin, au début de l'avenue qui mène au parc. Gustave dit "lo" à chaque fois qu'on passe devant, j'adore m'arrêter un moment et regarder avec lui, goûter à ce moment d'émerveillement d'enfant devant ces spectacles communs mais grandioses.

*Il réclame le pot (retour aux choses prosaïques...) et le remplit régulièrement depuis quelques jours. Super fière de mon fils.

*Je suis en pleine réflexion sur la future école primaire de Clo (dans un an, mais c'est le mois des inscriptions diverses, alors je me demande...) Nous sommes à équidistance de deux écoles, et dans celle où elle ne va normalement pas selon la carte scolaire, ils commencent l'anglais au CP, à raison d'une classe en français le matin et une en anglais l'après-midi. Est-ce que je demande une dérogation ? Est-ce que c'est inutile de lui faire faire ça ? (je précise qu'elle adore l'anglais, et que j'ai aussi envie de lui faire vivre une expérience scolaire de ce type). C'est un projet unique en lorraine, un genre de test, pour intégrer une classe internationale au collège, puis au lycée (déjà existante). Vos avis ?

J'ai déjà raté les inscriptions à l'éveil musical du conservatoire (en fait, j'étais dans les temps, mais sans savoir que dès la fin du premier jour d'inscription toutes les places étaient déjà prises...) Tant pis, on a encore le temps pour qu'elle découvre les instruments, mais zut quoi.

*Mes petites coutures avancent. Je vais attaquer la robe de Clo pour le mariage (tissu trouvé dans mon stock ! aucune dépense) Je vais commencer une jupe pour moi, avec un tissu Michael Miller...cf l'image au-dessus.

Ca sent l'été...et vous, comment allez-vous ?

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13 juin 2015

 

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Ô mois de juin ! Ô chaleurs ramollissantes, sandalettes qui claquent, robes bain de soleil.

Précieuses heures...à savourer comme la dernière cuillerée de chantilly dans la coupelle de fraises.
Je sens les choses s'étioler...qu'il est étrange, ce mois-là.
Je fais prendre l'air à mes pieds, enfin, et à mes plus jolies robes...

La semaine dernière j'ai rencontré Anne (blog Trendy children, originaire de Nancy) et ses trois enfants, enfin, après des années de chaque côté de l'écran. C'était drôle de se parler pour la première fois en se connaissant déjà un peu. Je crois qu'on fait tous ce genre de rencontres, avec internet, aujourd'hui.

Gustave a plus de mal à s'endormir, il crie parfois.... Il me réclame aussi la nuit...parfois je le "dispute" et il se rendort, parfois il lui faut un long bercement dans les bras...que faire sinon essayer, tâtonner...? Nous sommes très fusionnels tous les deux. Pour autant, je ne comprends pas ses colères du soir. Angoisse de la séparation pour la nuit ? Heureusement que nous sommes en juin, au mois de novembre ça m'aurait stressée et épuisée au plus haut point. Merci Juin.

Samedi dernier, nous nous voyions entre profs d'anglais chez l'une d'entre nous, et c'était bien sympa, plus que je ne l'aurais imaginé. J'appréhendais un peu, de ne pas trouver ma place comme la dernière fois, mais là c'était beaucoup mieux. J'avais emmené Clo&Gus et ils ont été de vrais anges. J'ai eu des compliments, sur eux, sur moi aussi. Ca m'a fait du bien.

Sinon, je me disais l'autre jour qu'il me faudrait 48h complètes, seule, pour ranger et nettoyer à fond la maison. Comme je crois que ça n'arrivera pas tout de suite, je vais profiter de ma journée ici (le lycée est fermé avant le bac) pour commencer. Il faut aussi que je fasse deux-trois courses (fête des pères, complément de cadeau d'anniversaire de Mister T-aucune idée...., petit cadeau symbolique pour ma collègue S. qui m'a bien écoutée cette année)
Mon sommeil est lourd, mais pas encore tout à fait réparateur. Je m'endors comme une masse, mais le réveil est difficile...j'ai l'impression qu'on a coulé une chappe de plomb sur mon corps pendant la nuit. Moi qui n'ai pas pu me souvenir de mes rêves cette année, je recommence à en faire, comme si mon cerveau acceptait enfin une certaine perte de contrôle...

Dans mon rêve de cette nuit, un incendie dans un bureau administratif où je dois me rendre, la fumée qui s'échappe des fenêtres et les rideaux beiges mangés par les flammes qui sont poussés à l'exterieur et flottent lamentablement. Il ne semble y avoir aucune vie ici, personne ne sort du bâtiment, et moi je reste plantée là, un peu paniquée, surprise d'être seule dans les parages. Après quelques temps à regarder ce spectacle, je remarque un homme, qui attend sur un banc un peu à l'écart, qui ressemble à Romain Duris. Je lui dis que j'aurais dû être à l'intérieur, et il me répond une chose dont j'ai du mal à me souvenir mais je crois que c'était "il n'y a personne de blessé, la dame de ce bureau est partie avec les ados", et là je me suis réveillée.

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09 juin 2015

Le lycée se vide, de ses professeurs appelés à faire passer des examens ailleurs; de ses élèves qui commencent à trouver l'air estival fort agréable, au dehors...
Aujourd'hui j'ai fini plus tôt, car je n'avais aucun élève de terminale. Je me suis retrouvée toute seule dans ma salle, avec mes photocopies, mes questionnements (est-ce que ce que j'ai prévu va les intéresser ?) et après avoir attendu 10mn au cas où, j'ai rangé mes affaires et fermé ma salle, un peu éberluée. Oui, c'est fini, ou presque.
Il y avait du vent qui semblait tourner dans tous les bâtiments, on l'entendait faire claquer les portes en bois contre leurs embrasures, et soulever les carrés de polystirène au plafond. Mes dix minutes d'attente m'ont semblé si longues...je me suis rendue compte qu'une heure de cours c'est tellement dense, riche, mouvementé, qu'on vit parfois plusieurs journées en une...Rarement je regarde par la fenêtre. Rarement, je m'assois. Ca m'a fait tout drôle.

J'ai passé un excellent week-end avec mes petits et mon homme. Nous avons vraiment profité du jardin, du farniente. J'ai hâte de m'y consacrer totalement, de me détendre et de laisser l'oubli grignoter les petits tracas de cette année jusqu'à ce que l'énergie et l'envie soient à nouveau si présentes que je serai heureuse de recommencer.

Bonne semaine !

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petits choux couverts de crème solaire minérale -d'où le teint gothique ;-)

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04 juin 2015

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Je viens de remonter du jardin...
Il a fait chaud aujourd'hui et prendre l'air frais au milieu des plantes tranquilles me fait du bien...Je me dis à chaque fois que le pouvoir apaisant de la nature est bien réel. J'ai rempli l'arrosoir, donné à boire aux rosiers qui n'ont jamais été aussi beaux. Des cascades de roses, partout. Rose pâle, rose saumon, dégradés de fushia...mais ici un iris jaune attire le regard, là les bouquets blancs des hortensias prêts à s'ouvrir tout à fait.
Le paysage parfait, un bouquet que je m'offre fait de toutes les fleurs de mon jardin, un cadeau pour l'âme.

Je m'imagine dans quelques semaines au mariage de ma meilleure amie, qui est aussi la marraine de Clotilde. J'ai une idée de la robe, d'une vieille collection de Tara Jarmon, en lin. Ma petite robe de fête...Peut-être avec un collier que j'ai récupéré de ma grand-mère. Un petit chignon pas trop strict, et un sourire planté au milieu du visage. J'y arrive, à cette fin d'année, au point d'orgue...
J'aurai été bien crispée, stressée jusqu'à la nausée, déçue, déstabilisée, blessée. Mais je sens que mes épaules se détendent, que je me sens plus sûre de ce que je dis, que je suis droite dans mes bottes...euh, dans mes sandales. Je me rappelle une collègue de l'an dernier, qui m'avait dit au pot de fin d'année, entre un tuc et une gorgée de crémant, que c'était bien que je change, que je me mette un peu en danger. "Faut être flexibeule dans la vie, c'est une qualité".
Je me rappelle ces mots-là. J'ai peut-être un peu le tournis et mal aux pattes à force de m'être forcée à m'adapter à tout, mais oui, je suis assez fière de moi.
Je vous laisse....je vais me coucher ;-)

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31 mai 2015

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Je m'étais une fois promise, petite fille, de parler à Dieu. J'avais jalousé la communion de mes camarades de classe, le cérémonial, les cadeaux, le sacré de l'événement auxquels seuls les croyants ont droit.
J'avais trouvé un sautoir dans la boîte à bijoux de ma mère, ressemblant suffisamment  à un chapelet pour faire l'affaire, et je m'étais agenouillée devant mon lit, dans le crépuscule du soir.
J'ai bien essayé de me rappeler les phrases que l'on récite, comme celles entendues dans certains films que j'avais déjà vu à cet âge-là, mais après quelques mots chuchotés, je n'ai pu parler davantage car je ne savais plus. J'ai attendu.
Ma voix s'était tue et il n'y avait rien, pas d'étoiles ni de rumeur céleste.
J'avais fermé les yeux et en les rouvrant tout était pareil, la lueur du jour déclinant, les cris des enfants au loin dans la rue. Je me suis sentie tout à coup un peu ridicule dans cette position que je ne prenais jamais, sur le tapis en peau de mouton, mon faux chapelet dans le poing. Peut-être qu'Il n'avait rien entendu, que je n'avais pas assez parlé, ou pas assez fort. Je ne lui demandais pourtant pas, moi, de nouvelle poupée pour ma communion, ni que mes parents arrêtent de se disputer. Je savais qu'il ne pouvait pas changer ce qui était.
Plus tard dans ma vie, j'ai prié quelques fois, toujours avec ce léger sentiment de ridicule, mais j'ai compris qu'on n'attend rien de ce moment-là, qu'il n'y a pas de dialogue, pas de génie de la lampe qui s'appellerait Dieu, mais simplement un moment de recueillement que l'on vit pour soi où notre parole intérieure monte silencieusement jusqu'au ciel.

 

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28 mai 2015

J'ai créé un blog sur Blogger mais Google s'évertue à afficher mon nom complet, ce que je refuse. Pas du tout envie que mes élèves (oui, ils font des recherches sur leurs profs) tombent sur "ma vie".

Je vais donc poursuivre ici...

Mon manque de confiance en moi me fait trouver tous mes textes sans intérêt, d'où les suppressions à tour de bras.
L'autre jour, je lisais dans le petite livre de Christian Bobin, qu'on ne pouvait regretter de ne pouvoir faire table rase de toutes ses erreurs; qu'on ne pouvait pas revenir à zéro, recommencer un sans faute ailleurs. Ce brouillon de vie qu'on fait ici, c'est LA vie. Et on n'en a qu'une.

Il est temps de s'accepter avec toutes ses failles, et d'y trouver le bonheur, celui d'être au monde.

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23 mai 2015

Canalblog ne veut pas charger mes photos.
Je n'arrive pas à dire que je ferme ce blog parce que ça me fait généralement du bien d'écrire.

Je n'ai pas répondu aux derniers commentaires faute de temps.

J'ai effacé 40mn d'écriture... Si vous voulez m'écrire, vous avez mon mail ou contactez l'auteur en haut à droite.

Ca se pourrait que ce soit la fin, mais à bientôt peut-être ?

 

 

Posté par Belliflora à 23:42 - Commentaires [12] - Permalien [#]

18 mai 2015

(Je rajouterai une photo demain)

Je suis en train d'imprimer un article sur le féminisme aux USA pour mon cours de terminale de demain. C'est une option pour laquelle je bosse comme une malade, il n'y a pas de bouquin, rien. Juste des notions dans lesquelles piocher des thèmes de notre choix. Liberté totale. Vraiment intéressant. Comme j'aimerais n'avoir que ce cours-là, alors qu'il y a "tous les autres" à préparer. Et ça prend tellement de temps...

Je regarde l'année tirer à sa fin, et me dis que j'ai bien utilisé -grillé?- mes neurones depuis septembre. Dans la balance, plaisir et souffrance s'équilibrent. Plaisir de me plonger dans des thèmes inconnus, nouveaux, de choisir des documents intéressants etc...souffrance d'y passer des heures, de ne parfois pas intéresser mes élèves, de me dire que je ferai complètement autrement l'an prochain...Sisyphe.

Je pense de temps à autre à ce que j'aimerais pouvoir écrire ici, et pffuiit, les secondes s'envolent, je fais autre chose...
Dans la voiture, j'écoute France Info et Fun Radio, les deux extrêmes, en alternance. Parfois aussi France Inter, mais à mes heures de conduite je ne tombe pas sur grand-chose de super profond.
Ah si l'autre jour j'ai écouté Augustin Trapenard et j'ai bien aimé son émission. J'avais lu quelque part qu'il avait fait des études d'anglais et qu'il était incollable sur Emily Brontë, donc il a marqué un point, déjà, avant même que je ne l'entende. (après vérif, il est agrégé d'anglais et normalien)

Tout est décousu en ce moment. Mes pensées s'éffilochent, j'ai passé 3 jours dans la nouvelle maison de mes parents et je me suis crue en vacances (je vous en reparlerai). Mais non il a fallu reprendre et corriger 4h d'affilée hier soir pour rendre mes copies aujourd'hui...

Il reste la douleur de la perte de ma grand-mère qui se réveille parfois, les courbatures de chagrin que j'ai eues (je ne savais même pas que ça existait, mais si, avoir la tête comme une enclume, c'était bien à cause de ça). Je me suis surprise moi-même à tant pleurer, je ne pouvais pas m'arrêter. J'avais pris le livre de Christian Bobin dans mon sac et un petit carnet, et j'avais déjà pleuré des seaux dans le train avant d'arriver à Strasbourg. Nous n'étions pas proches mais je la trouvais touchante avec mes enfants.

Je ne suis pas croyante, mais j'aime les moments où l'on est ensemble, chante quelques mélodies... Peut-être qu'être touchée par les paroles universelles des textes sacrés est suffisant pour sentir son âme s'élever et y trouver une certaine beauté, sinon de l'apaisement.

Etre ensemble dans cette circonstance m'a fait réaliser qu'il faut qu'il y ait bien plus d'occasions de réunion heureuses. Alors oui c'est êut-être un peu un truc de vieux, les réunions de famille, mais peut-être qu'en se voyant une après-midi seulement, à quelques'uns, ça serait tout simplement du plaisir tranquille pour tous les gens présents. J'ai envie de me rapprocher de gens, de mes cousins, parce qu'il ne faut pas que la perte d'un pilier fasse s'effondrer l'édifice. Je ne considère pas la famille comme "sacrée", mais ce sont des liens précieux.

Je vais préparer mes questions pour demain. (pour mes cours. pas celles que je me pose d'habitude, car elles viennent d'elles-mêmes)

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08 mai 2015

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Il y a plein de choses auxquelles je pense en ce moment qui ne trouvent leur place nulle part ailleurs que dans ma tête. Je ne vois pas Jean-Pierre Koffe avant un bout de temps, et je n'ai pas vraiment d'autre interlocuteur neutre et bienveillant sous le coude, qui me connaisse assez pour m'écouter longtemps, et qui soit assez délicat pour ne pas juger. Quelqu'un qui pourrait juste m'aider à manier le gouvernail de ma vie.
Je vois une copine demain, en fait c'est une collègue d'allemand stagiaire au lycée avec qui le courant passait bien; j'ai dit que je passais la voir car elle va accoucher et que ça me fait plaisir de parler de tout ça (la meternité) parce que ça fait un bout de temps que je ne l'ai pas fait. Avec elle, on ést les plus jeunes. Mais on n'avait pas le temps de discuter vraiment à part à la cantine, les jours où en plus je suis à la bourre.
Il faut bien le dire, quand tu bosses beaucoup toute la semaine sans papoter et que le week-end tu te détends en famille, il reste peu de place pour nouer des amitiés, et entretenir celles qui existent.
Il y a bien les mails et IG mais bon, les vraies relations se nourrissent de vrais contacts, donc ça compte moins.
En fait, je suis une fille qui a énormément besoin de vrais contacts. Je déteste téléphoner alors ça rend la chose un peu plus ardue. J'aime envoyer des mails, mais ça prend un peu de temps si on soigne son écriture. J'aime tomber par hasard dans la rue sur des gens que je connais et discuter. J'aime échanger un peu avec mes compagnes du cours de yoga, deux-trois phrases, et souhaiter à tout le monde un bon week-end (demain matin je ne sais pas si j'aurai le courage d'y aller, je suis un peu molle en ce moment, et comme j'en ai pour deux jours de courbatures...). J'aime quand il y a des moments un peu spéciaux au boulot, du genre quand tu restes entre la fin de tes cours et le premier conseil de classe, en décembre, qu'il fait froid dehors et que le temps est suspendu, qu'il y a quelques collègues en salle des profs qui comme toi ne gagnent rien à faire l'aller-retour chez eux, et que tu arrêtes de corriger tes copies pour aller te servir un chocolat chaud à la machine et qu'à cet instant tu n'as pas du tout le même genre de conversations que d'habitude. C'est souvent plus intime, et plus drôle.
Quand j'étais au collège j'ai eu une période où je déboulais chez mes copines sans prévenir, je prenais le bus (40mn), je marchais sans but, je passais chez l'une ou l'autre, et je reprenais le bus (re 40mn). Au lycée, j'ai arpenté les rues de Strasbourg avec toutes sortes de gens, sans but non plus. Dans le bus, je me demandais comment se passerait mon après-midi, et à la fin je rapportais avec moi des morceaux de conversations qui résonnaient longtemps dans ma tête (et surtout, beaucoup de questions sans réponse).

J'aime quand je lis des histoires à mes enfants, qu'on plonge ensemble dans les dessins et que ça me remémore des histoires que j'avais quand j'étais petite, ou celles que j'ai imaginées et qui y ressemblent. A un moment donné, tu ne sais plus si certaines images sont des reminiscences du passé ou des images vues ailleurs et qui correspondaient si bien à ton imaginaire personnel que ç'en est troublant et que tu te dis que si, tu as déjà vu ça quelque part, dans un livre d'images, dans un album photo, dans des souvenirs racontés par quelqu'un que tu connais...

Aujourd'hui c'était férié et j'ai mis mon esprit pratique de côté...(et écrit une fois de plus quelque chose d'un peu décousu...et sans but, non plus)
On a passé beaucoup de temps dans le jardin.

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