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C'est la première semaine que je passe au lycée qui ne me semble pas être un gros tas de gravats à déplacer.
Je me disais, lundi, attention ne t'y méprends pas, tu vas stresser à nouveau, ça va revenir...et puis non. J'ai bien chassé le vague sentiment d'oppression qui m'étreint le mardi matin quand je sais que j'ai une certaine classe l'après-midi pendant deux heures et que c'est chaud. Je me suis dit "mais non, reste zen, ça va aller". Et ça a été.

Je ne crois pas à la pensée magique. Je sais que l'auto-suggestion à ses limites. Qu'il ne suffit pas de dire "profite de la vie, choisis d'être heureuse" pour que tout se transforme. C'est un travail quotidien. De se dire qu'on ne peut pas faire grand chose, qu'on n'est pas à la place des autres, qu'on ne doit pas trop penser au passé ou à l'avenir. La modestie, l'effacement ? devant le fonctionnement mystérieux du monde, des autres... Je travaille à prendre du recul, à laisser de mauvaises choses se passer sans me tuer à essayer d'empêcher que cela arrive, colmater les fuites, trouver des solutions, et faire un mea culpa pour ce qui n'est en définitive pas du tout de mon ressort...
Mais certes il y a un peu de magie dans le fait de voir que le lâcher-prise apaise. Dire, en substance, "je m'en fous", laisse les choses à distance, quand on a déjà beaucoup de choses à gérer.
Au lycée il y a mon projet de voyage qui avance. Le gestionnaire est un escargot, ben je fais avec. Et non, ce week-end je ne vais pas faire son boulot en épluchant tous les devis pour en parler lundi. Lundi, s'il n'a rien fait, on avancera ensemble sur le projet, et peut-être même qu'il aura fait quelque chose !
Ma classe de TL est composée d'une moitié de pestes ? Peu m'importe, je fais mon boulot. J'ai quand même poussé une geulante (un cri du coeur) aujourd'hui, après des mois de lâcher-prise, justement. Parce que la fainéantise peut passer, et encore..., mais l'arrogance et l'impolitesse, non. Entendre leurs leçons de morale "vous auriez dû parler avec votre collègue de ça", "non j'ai pas mon livre, et alors ?" yeux levés au ciel, "pfff" sonores, silences en gise de répnse...insupportable. J'ai même fini par écrire mon cours au tableau toute seule en tournant le dos à ma classe muette (médusée ? je ne sais même pas...) après mon speech. Je n'aurais même pas dû leur faire ce cadeau. (mais je pensais très fort à la poignée de bonnes gamines qui bossent, ont bon esprit, son ouvertes et modestes, elles. C'est toujours comme ça, tu te raccroches à ceux qui en valent le coup.

C'était mon seul point noir de la semaine, et je le chasse bien vite de mes pensées aussi. Avec mes autres classes, je sens que je suis mieux, moins rigide, moins stressée. J'ai travaillé avec plaisir. Je sens aussi qu'ils sont bien habitués à moi, qu'ils sont contents de ce qu'on a fait et de ce qu'on fait. Je pense les faire progresser, en tous cas pour mes secondes c'est flagrant. On arrive à cette période de l'année où on commence à penser à la prochaine. Dans quelques semaines peut-être, ils me demanderont si je serai là en septembre. Et quand je marcherai dans le grand hall le matin sous le regard de ces grands ados, jour après jour jusqu'au début du mois de juillet, je me dis que ce ne seront pas les dernières fois, jalons de la fin d'une période, mais qu'il y aura plein d'autres rentrées pour moi ici, avec des gens que je connais déjà.