GrandeDSC_1270

Une chose est sûre: la fatigue fait voir tout en noir.
Depuis 18 mois elle me retient en arrière, me pèse comme un boulet. J'ai l'impression de ne pas pouvoir profiter correctement des moments précieux que m'offrent mes enfants. Je n'espère qu'une chose chaque soir, pouvoir être réveillée par mon réveil ou le soleil et pas les cris de Gus quand la chambre est encore noire.
Il suffit d'une nuit meilleure et l'amertume s'envole comme par magie.

Aujourd'hui, ça a été une journée bien pourrave, avec plein de bêtises, de bols renversés et de magazines déchirés, de coup de boule de ma brute de fils qui donnent un goût de sang dans la bouche, des cris, des pleurs. J'oublie bien vite tout cela et pardonne plus facilement, puisque les vacances commencent et que j'espère pouvoir me poser et me détendre. Mais quand même, je suis exténuée. J'ai un peu peur, à vrai dire, de ce que ça peut donner, à long terme.

Hier soir je suis sortie au restau avec mes collègues pour fêter la fin de la mission de notre assistante américaine; impression mitigée...l'assistante est certes sympatique mais elle ne dit rien et j'étais assise en face d'elle -ennui profond. A ma gauche, l'ancienne stagiaire de l'an dernier, impressionnante de professionnalisme, qui vise l'agreg dès l'an prochain et espère pouvoir la passer en même temps qu'une année au collège parce que "elle aura le temps" (sous-entendu, on bosse pas bcp au collège, elle parle sans savoir) -agacement. Ramenée en voiture par une collègue ayant un don pour dire des choses aimables, elle me demande où j'habite et elle dit "oh, le quartier glauque de Nancy!" ben sympa...
Une boule se loge dans ma gorge.
Soit je suis devenue super amère et susceptible en un an soit j'ai simplement peu d'atomes crochus avec elles -sauf une avec qui je m'entends très bien.
Je rigole plus à la cantine avec une collègue de droit qui approche de la retraîte qu'avec mes collègues d'anglais. Il m'a fallu plusieurs mois pour me dire qu'on ne pouvait pas toujours avoir la chance de travailler avec des gens avec qui le courant passe super bien; maintenant je sais qu'en effet ce n'est pas systématique. Qu'il faudra trouver de la chaleur ailleurs. (la question est: où ?)

J'ai commencé à ébaucher des textes dans ma tête, pas encore eu le temps de matérialiser cela par écrit. Je constate que ces derniers mois j'ai gardé une bonne partie de mes messages ici en brouillon, il faut que  j'arrive à me débarrasser de ce que j'ai envie de dire, plus librement. J'aime tellement la mélodie des mots, et la lecture récente de l'Eveil de Mlle Prim m'a tellement déçue que je me suis dit qu'il fallait que j'aille au bout de mon désir d'écriture, juste pour voir. Ca ne peut pas être plus mièvre que ce livre-là...
J'ai commencé une blouse pour Clo -ultime test, suis-je masochiste- dans un tissu fleurs/oiseaux, un patron que j'aime bien des Basiques pour enfants de C. Favero. J'ai trouvé une belle crétonne de coton vert céladon à pois, j'ai hâte d'en faire quelque chose.
J'ai aussi commencé un travail plus profond etdiscret avec une personne de confiance qui sait écouter, il me fait penser à Jean-Pierre Koffe, parce qu'il a la même voix (d'après mon souvenir de JPK). Je n'ai aucune idée de ce que ça va donner.

Je vous souhaite un bon week-end !